La condition des hommes (Partie 1)

La condition masculine, psychologie féminine, comprendre les femmes, drague, séduire une femme, séduire une fille, draguer une femme, draguer une fille, amour, séduction, fille, femme, filles, femmesExceptionnellement, cet article ne va pas parler des femmes. Du moins pas directement.

Il va parler des hommes.

Lorsque je parle de Comprendre Les Femmes à des hommes, beaucoup se plaignent qu’il n’y ait pas l’équivalent pour les comprendre eux. Et mes lectrices de leur côté m’ont souvent demandé des articles qui leur permettraient de mieux cerner la façon dont raisonnent leurs prétendants.

Je ne sais pas grand chose à propos des hommes, bien que j’en sois un. J’ai même souvent dit que bien que j’ai pu écrire deux livres et près de 200 articles sur les femmes (et qu’il m’en reste encore à dire), je ne serais pas capable d’écrire ne serait-ce qu’une page sur la psychologie masculine. Sûrement parce que j’ai fréquenté beaucoup moins d’hommes que de femmes, sûrement aussi par peur de prendre mon cas personnel pour une généralité…

Malgré cela, depuis quelques temps, j’ai pris conscience de plusieurs réalités vécues par les hommes. Et lorsque je les mets en rapport les unes avec les autres, je ressens quelque chose d’étrange en moi… Cela résonne avec quelque chose au plus profond de moi et cela me donne l’impression d’avoir mis le doigt sur des états d’âme vraiment au centre des préoccupations masculines…

Je compte sur votre indulgence car je m’aventure sur un terrain dont je n’ai vraiment pas l’habitude. Voici ce que ça donne…

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Les hommes et l’indépendance

Le premier élément dont je voudrais vous parler concernant la condition des hommes est leur rapport à l’indépendance. Il y a un phénomène que j’ai pu voir abordé dans un nombre important d’études différentes : le fait qu’on pousse les garçons à être indépendants plus jeunes que les filles.

Tous les enfants naissent extrêmement dépendants de leurs parents, mais s’émancipent progressivement par eux-mêmes lorsqu’on les laisse faire. Toutefois, d’après ce que suggèrent de nombreux auteurs (William Pollack dans son livre De vrais gars, pour n’en citer qu’un), les parents auraient tendance à laisser les filles s’éloigner d’eux par elles-mêmes, tandis qu’ils pousseraient les garçons à se débrouiller seuls, plus tôt que ces derniers ne le souhaitent. On pousserait les garçons à partir en colonie loin de leurs parents plus jeunes, par exemple.

Cela est bien sûr dû à la culture du garçon qui va devoir devenir « l’homme de la maison », et qui doit pouvoir se débrouiller tout seul en toutes circonstances, sur lequel on peut compter. Pour les garçons, cela serait vécu comme un traumatisme, qui entraînerait une difficulté à être indépendants par la suite.

L’idée est que si on laisse l’enfant choisir quand s’éloigner de ses parents, il le fera de lui-même et cela se passera très bien. Si on force la séparation ne serait-ce que 3 ou 6 mois trop tôt, l’enfant peut très mal le vivre.

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Selon moi, c’est ce qui peut expliquer le fait que, d’après les clichés, les femmes seraient matures beaucoup plus jeunes que les hommes, ou encore que certains hommes prennent leur petite amie « pour leur mère », pour reprendre l’expression des petites amies en question. Le paradoxe qui en résulte est que, bien qu’on force les garçons à être indépendants plus jeunes, cela les rendrait beaucoup moins indépendants sur le long terme.

Bien qu’on force les garçons à être indépendants plus jeunes, cela les rendrait beaucoup moins indépendants sur le long terme

L’idée est que puisque cette première prise d’indépendance est forcée, les garçons resteraient en quelque sorte marqués par ce traumatisme, et l’idée de prendre progressivement de l’indépendance au fil de l’adolescence serait très inconfortable. A l’inverse, puisque les filles auraient davantage le choix de devenir autonomes à leur rythme, cette prise d’autonomie serait beaucoup plus confortable, et pourrait se faire beaucoup plus rapidement.

Cela pourrait expliquer pourquoi les femmes semblent prêtes à prendre un appartement et à fonder une famille plus tôt, et pourquoi elles sentent un décalage de maturité entre elles et les hommes (même si ce n’est qu’une raison parmi d’autres, à mettre en parallèle avec des facteurs biologiques par exemple).

Si cette idée induit de reconnaître officiellement qu’en moyenne, les hommes seraient moins matures que les femmes, cela force aussi à reconnaître que, contrairement à ce que les discours populaires peuvent souvent dire, ils ne sont pas immatures par nature : ce manque de maturité apparent est un système de défense par rapport à un traumatisme de l’enfance des hommes qui n’a presque jamais été reconnu jusque-là…

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Cela pourrait éventuellement expliquer un mode de vie masculin qui est jugé comme « immature » par le regard des femmes. Cela pourrait aussi expliquer le comportement « lourd » que les hommes adoptent dans leurs rapports avec les femmes.

Pour vous expliquer cela, je vais avoir recours à un exemple pas très glorieux… mais extrêmement parlant. Je connais deux chats dans mon entourage : le premier a été parfaitement sevré, le deuxième a été retiré de sa mère quelques semaines trop tôt. Résultat ? Le premier est très indépendant, visiblement beaucoup plus débrouillard, et quand vous le lâchez dans un jardin, c’est un vrai tueur… (dans tous les sens du terme). Le deuxième quant à lui est beaucoup plus maladroit, plus insécure, déteste être seul, miaule pour réclamer constamment de l’attention… En fait, à la manière d’un chat, il adopte exactement les mêmes comportements qu’un mec « collant » et « needy » adopte avec les femmes !

Je vous avais dit que ce n’était pas glorieux… Les hommes seraient donc tels qu’on les connaît parce que l’on fait face à des générations d’hommes « non sevrés » ? Si une telle comparaison peut paraître ridicule et inciter aux moqueries, j’ai confiance en vous : je sais que vous saurez reconnaître le caractère sérieux et existentiel que cela soulève.

Car il est bien possible que notre société dans son ensemble, à travers une conception arriérée de la masculinité, ruine complètement le potentiel des hommes dès leur enfance, et crée ensuite des hommes adultes qui doivent vivre en gérant ce traumatisme non résolu. Et cela pourrait expliquer la plupart des comportements incompris des hommes, dans le domaine de la séduction, mais pas que…

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Le conditionnement fondateur des hommes

Ensuite, on ne peut parler des hommes sans parler du grand commandement masculin : « Tu ne pleureras point ».

Les hommes n’ont pas le droit de pleurer. Plus généralement, ils doivent se montrer à la hauteur de toutes les situations et ne jamais être déstabilisés. Le rôle de victime leur est interdit, et ils ne doivent jamais ressentir de la peur.

C’est un conditionnement très reconnu et de nombreux auteurs et blogueurs le dénoncent régulièrement dans leurs écrits. On cite d’ailleurs très souvent un certain nombre de conséquences néfastes qui en résultent :

  • Une pression constante,
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  • L’angoisse de la performance,
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  • La difficulté des hommes à assumer leur vulnérabilité, et à se montrer tels qu’ils sont avec leur partenaire,
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  • Etc…
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Bien que toutes ces conséquences soient réelles, elles ne sont jamais que secondaires. Il y a un autre effet néfaste beaucoup plus important, dont quasiment personne ne parle…

Les hommes n’ont pas le droit de ressentir de la peur : pour éviter cela, ils n’ont pas le choix que de bloquer leur peur, de la refouler. Il va sans dire que ce n’est pas quelque chose de sain d’un point de vue psychologique, mais le vrai problème, c’est que lorsqu’on enclenche un tel processus, on ne peut pas choisir une par une les émotions qu’on bloque : les hommes sont donc obligés de bloquer leur capacité à ressentir des émotions dans leur ensemble !

A cause de leur conditionnement, les hommes doivent bloquer leur capacité à ressentir des émotions

Aussi, si ce conditionnement est censé empêcher les hommes de ressentir de la peur, il leur empêche également de ressentir de la joie, du rire, de la connexion avec les autres, de l’amour…

Ce conditionnement a fait des hommes des êtres sans émotions. Et quel sens cela a d’être en vie si l’on ne ressent pas d’émotion ? Exact : absolument aucun !

Et c’est cela la première conséquence importante de ce conditionnement : c’est que les hommes ont perdu toute connexion avec leur énergie vitale ! Leur goût pour la vie elle-même, qui est à la base de tout dans l’existence, s’en trouve tout simplement amoindri. Etre un homme est ainsi devenu une condamnation à mener une vie fade, pas parce qu’il ne leur arrive pas des choses extraordinaires dans leur vie, mais parce qu’ils ne sont plus capables de les apprécier !

Et la plupart des hommes ne s’en rendent pas compte :

  • Parce qu’ils n’ont jamais connu autre chose, hormis dans une enfance lointaine,
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  • Et parce que même s’ils se doutent de quelque chose, puisque tous les hommes autour d’eux sont comme cela, ils ont fini par croire que cette façon d’être est un élément intrinsèque de la condition masculine.
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Les hommes ont perdu toute connexion avec leur énergie vitale

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai pu entendre des hommes autour de moi dire que les femmes ne marchaient qu’aux émotions, que les émotions sont une drogue pour elles… et où j’avais le coeur brisé en voyant qu’ils ne réalisaient pas que c’était pareil pour eux. Que d’un point de vue strictement naturel, les différences entre les façons dont les hommes et les femmes gèrent leurs émotions sont moins importantes qu’on ne le croit.

Mais l’être humain est un animal social : il est inscrit en nous que nous avons besoin des autres pour survivre, à un tel point que la plupart d’entre nous préféreraient se suicider plutôt que de vivre une vie en étant rejetés par notre « tribu ». Les hommes apprennent tôt qu’ils ne seront pas considérés comme des hommes s’ils se laissent aller à leurs émotions : ils préfèrent ainsi renier eux-mêmes leur vraie nature en amont plutôt que de l’exprimer pour qu’elle soit reniée par le monde extérieur.

Ce conditionnement a ainsi forcé les hommes à rompre complètement avec leur « part féminine ». C’est de cette façon qu’alors que les hommes étaient des êtres équilibrés, ils sont devenus des Schwarzenegger ou des Stallone : efficaces, à la hauteur, courageux, solides… sombres, glaciales, déconnectés, apathiques, colériques, tristes… qui n’osent pas montrer leur vulnérabilité à leur partenaire ou encore qui ont peur d’aimer.

Pour l’anecdote, j’ai souvent vu des magazines féminins aborder ce sujet et donner le même conseil intimidant aux hommes : « Tu as peur d’aimer ou de t’engager ? Mets ta peur de côté, sois un homme ! » sans se rendre compte qu’ironiquement, ignorer leur peur est justement ce qui a conduit les hommes à ne plus pouvoir aimer dans un premier temps…

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Accéder à la deuxième partie

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